La France finalise actuellement le premier jet de son Plan national de restauration de la nature, en application du règlement européen adopté en 2024. Le premier projet doit être transmis à la Commission européenne en 2026, avant une version définitive attendue en 2027.

Les zones humides sont concernées à plusieurs titres : restauration d’habitats naturels comme les tourbières, ripisylves ou forêts alluviales ; reconnexion des cours d’eau avec leurs plaines inondables ; et restauration des tourbières agricoles drainées. À l’horizon 2030, des mesures devront concerner 30 % de ces dernières, mais la remise en eau restera volontaire pour les agriculteurs et propriétaires privés.

Lors du séminaire Ramsar organisé du 2 au 4 septembre à La Rochelle, la Direction Eau et Biodiversité du Ministère de la Transition écologique a rappelé que la France comptabilise environ 130 000 ha de tourbières, dont près de 8 400 ha déjà concernés par des projets de restauration. La surface des tourbières agricoles drainées reste néanmoins à préciser.

Et concrètement sur les territoires ?

La mise en œuvre du plan ne devrait pas repartir de zéro. La DEB souhaite notamment s’appuyer sur les actions déjà engagées au titre de la Directive-cadre sur l’eau (DCE) et sur les acteurs qui interviennent déjà dans les territoires : structures compétentes en GEMAPI, EPTB, gestionnaires Natura 2000, Parcs naturels régionaux, Conservatoires d’espaces naturels, etc.

L’enjeu sera donc aussi de mieux articuler les politiques de l’eau, de la biodiversité et de l’agriculture, notamment dans les territoires où les zones humides restent des espaces de production et d’élevage. Le règlement prévoit d’ailleurs explicitement que les mesures concernant les écosystèmes agricoles prennent en compte les besoins socio-économiques des territoires ruraux et la durabilité de la production agricole.